Coopérative numérique Corse
Fact checking

Fact-checking

La recherche informatique au service des journalistes

Des informations diffusées dans des volumes jusqu’ici inégalés, l’apparition de fake news en période électorale et la propension de certains utilisateurs de réseaux sociaux à réagir à tout et n’importe quoi rendent nécessaires aujourd’hui le fact-checking. Cette vérification de l’info, ce passage au crible de déclarations ou de chiffres qu’assėnent élus, personnalités, relayés sur la toile å une vitesse incontrôlable n’apparaît pas aussi simple. Il en était question aujourd’hui lors d’une conférence au Web2day, à Nantes en présence d’Alexis Orsini rédacteur en chef adjoint de Numerama, Christophe Gimbert maître de conférence à Sciences-Po Rennes et Ioana Manolescu, informaticienne et chercheuse à l’INRIA (institut national de recherche dédié au numérique).

S’il s’agit de l’essence même du journalisme, la vérification des sources et d’une information avant sa publication devient un fort enjeu de société. Le travail de ces supers secrétaires de rédaction comme ils existaient au New Yorker au début du XXe siècle a disparu au fil du temps pour des raisons économiques, avant de réapparaître après plusieurs bidonnages avérés dans les années 2000. “Les médias s’organisent comme les Décodeurs au journal Le Monde, les grands titres disposent d’équipes dédiées”, note Alexis Orsini. Journalistes, juristes, développeurs travaillent de concert pour dénicher les intox, rétablir la vérité ou concėder parfois leur impossibilité à vérifier de façon infaillible une assertion.

Depuis plusieurs années, l’INRIA travaille à la création d’outils pour aider les journalistes. Ioana Manolescu conçoit le problème comme celui d’une gestion de contenu : “ Il y a un contenu dans un contexte vérifié par des experts, des journalistes qui, avec des sources de références produisent un résultat d'analyse : c’est vrai, plutôt vrai, faux ou complètement faux. Nous avons développé des prototypes informatiques, des outils qui pourraient être accessibles d’ici quelques mois pour faciliter ce travail de vérification”, explique la scientifique.

Si le numérique peut venir à la rescousse de l’humain, ce dernier reste au coeur du métier comme le souligne Alexis Orsini : “Seul l’homme peut s’assurer au final que l'algorithme ne s’est pas trompé.”

Face à la prolifération des discours aujourd’hui et leur propagation éclair, vérifier une information devient une exigence citoyenne. Comment expliquer sinon, se forger une opinion d’un monde que l’on ne comprend pas ?

#web2day @codeforcorsica

 

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